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mercredi 22 août 2012

Un soupçon légitime de Stefan Zweig

Résumé :
Un soupçon légitime raconte l'histoire d'un homme dont les passions vont causer le malheur de son entourage. John Limpley s'installe à la campagne avec son épouse et adopte un chien, Ponto. Adulé par son maître, l'animal se transforme en tyran... jusqu'au jour où il est délaissé, lorsque la jeune femme tombe enceinte. Le drame qui va suivre est d'autant plus tragique qu'il reste inexpliqué. Dans cette nouvelle angoissante, inédite en français, on retrouve le style inimitable de Zweig et sa finesse dans l'analyse psychologique. Comme dans Lettre d'une inconnue ou Le joueur d'échecs, il dépeint avec virtuosité les conséquences funestes de l'obsession et de la démesure des sentiments.


Mon avis :
John Limpley arrive à la campagne avec sa femme et adopte un chien Ponto. On découvre ici le quotidien de cette famille et le caractère du mari. C'est un homme "parfait" : tout est bien mieux chez lui que chez les autres, il est toujours de bonne humeur ce qui peut agacer les autres personnages comme sa femme et ses voisins. La nouvelle de l'arrivée d'un bébé aurait pu le calmer mais ce n'est pas le cas. Le chien est quant à lui de plus en plus présent mais cela change du jour au lendemain. La narratrice nous indique le comportement de l'animal et ce qu'il peut penser ou ressentir. 
 
Il y a peu de personnages dans cette nouvelle : Limpley et sa femme, leur chien et les deux voisins dont la femme est la narratrice. Ces derniers sont très présents pour aider et rendre service à différents niveaux. On les voit aux environs de Bath dans la campagne anglaise vivre une vie en apparence paisible...Mais si c'était le cas l'auteur n'aurait pas écrit ces lignes, lui qui sait bouleverser le quotidien de ses personnages pour toujours.
 
J'ai fait la découverte de cette nouvelle par hasard en librairie alors que je n'en avais jamais entendu parler. Et pour cause, cette nouvelle n'ayant été traduite en 2009 seulement grâce à la thèse de Mme Valérie Bollaert sur les nouvelles de Stefan Zweig. Ce texte, très bref (moins de soixante-dix pages) n'en est pas moins intéressant.
 
On y découvre une histoire qui semble à la fois impossible et réelle. Ce drame pourrait arriver dans la vie de chacun d'entre nous. Cela fait réfléchir sur les comportements à adopter mais aussi permet de se mettre à la place des deux parties, d'un côté comme de l'autre.
 
Stefan Zweig sait une fois de plus, en si peu de pages dépeindre les sentiments humains avec intensité et virtuosité. La visions de la vie du côté du chien est de plus originale et ne semble pas si lointaine.
 

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig

Résumé :
Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d'Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d'un des clients, s'est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée. Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l'aide inattendue d'une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle. Ce récit d'une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l'auteur d'Amok et du Joueur d'échecs, est une de ses plus incontestables réussites.
 


Mon avis :
Après plusieurs années de mariage Mme Henriette s'enfuit avec un jeune homme de passage qu'elle vient juste de rencontrer. A peine une journée passée avec cet homme et cette femme laisse tout derrière elle, son mari et la vie confortable qu'elle avait. Ce passage annonçant son départ est relativement court, suivi par les jugements des autres personnes présentes.
 
Le narrateur assiste à ces accusations et prend la défense de cette dame partie sur un tel coup de folie. C'est ainsi qu'il fait la connaissance de Mrs C..., une anglaise présente dans cette pension de famille et qui va lui faire ses confidences.
 
Le lecteur va ainsi découvrir tout comme le jeune homme le passé de cette femme. On est rapidement plongé dans un récit racontant les sentiments avec force et marqué par une passion aussi inattendue qu'intense. Mrs C... racontera comment cet évènement rappelle en elle sa propre histoire.
 
Stefan Zweig nous livre un récit court mais efficace, peignant avec originalité les sentiments amoureux. On est partagé au fil de la lecture, essayant de comprendre ce qu'avait pu ressentir cette femme et qui semble si singulier.
 
Après Le joueur d'échecs il y a quelques années je ne suis absolument pas déçue, c'est très bien écrit et comme cet autre chef-d’œuvre, on trouve dans un bref récit un condensé de sentiments divers d'une réelle force.